C’est déjà Noël pour les ambulances

Tribune des élu-e-s Écolos à paraître dans le JDA d’Amiens Métropole le 21 décembre 2016:

ambulance2Il n’est pas interdit d’aider un membre de sa famille à trouver du travail ou à développer son activité. Quand on peut, c’est même un sérieux atout en période de chômage de masse.

Quand on est investi d’un mandat électif local appelé à gérer les deniers publics du contribuable, c’est plus délicat. En effet, une délibération au dernier Conseil d’agglomération d’Amiens Métropole (du 15 décembre) proposait une aide de 105 000 euros à une entreprise dirigée par le fils du Vice-Président en charge du développement économique. Cette entreprise appartient au même secteur d’activité que celle du père, le transport adapté de personnes.

Nous avons découvert que le père est aussi lui-même actionnaire à 30% de cette société aidée par Amiens Métropole et que sa propre société en est depuis peu actionnaire à 10% afin de prêter de l’argent à la société du fils, laquelle devra rembourser en y rajoutant au passage les intérêts. La petite astuce pour passer ce dossier serait juste de faire sortir de la salle le père Vice-Président lors de la présentation du dossier du fils et de son vote en Conseil pour éviter toute influence.

Faute de réponses à nos questions de transparence, nous avons d’abord demandé de retirer cette délibération et devant le refus, nous avons voté contre. Nous verrons par la suite. On annonce la création de 35 CDI comme un slogan sur un Pin’s mais combien sont supprimés chez les concurrents? Les dispositifs d’aides en faveur du milieu économique sont-ils efficaces et équitables?

Quand on casse les pieds à une association pour 1000 euros, n’est-on pas en droit d’exiger la même transparence envers une entreprise qui en reçoit cent fois plus et eu égard au signal envoyé en période de crise morale vis-à-vis de la politique? La probité doit être la première vertu des élus en charge de l’intérêt général.

Vœu en faveur d’un Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA)

Suite aux pics de pollution observés dans certaines villes y compris Amiens, nous avons déposé un vœu en faveur d’un PPA pour la séance du Conseil d’Amiens Métropole le 15 décembre 2016 :

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Capture Prev’air – nuage de PM10 – janvier 2017

Amiens et sa métropole connaissent depuis quelques années déjà plusieurs épisodes de dépassement des limites réglementaires de pollution de l’air. L’amélioration de sa qualité s’affirme de plus en plus comme un enjeu sanitaire prioritaire au regard de son importance dans la mortalité prématurée de plus de 45 000 personnes en France. Mais au-delà des pics de pollution, la majeure partie des impacts sur la santé résulte surtout d’une exposition quotidienne à des niveaux inférieurs aux seuils réglementaires. C’est donc la pollution de fond qu’il nous faut traiter. Le Plan de Protection de l’Atmosphère en est un nécessaire préalable.

Dans la région Hauts de France, il existe déjà deux PPA, celui de l’ancienne région Nord Pas de Calais depuis 2014 et celui de Creil depuis 2015.

Les Plans de Protection de l’Atmosphère sont régis par le Code de l’environnement et liés aux documents existants de planification locale (PDU, PLU, SCOT, Plan Climat Air Energie …). Ils visent à définir les objectifs et les mesures, réglementaires ou portées par les acteurs locaux, permettant de ramener, à l’intérieur des agglomérations de plus de 100 000 habitants les concentrations en polluants atmosphériques à un niveau inférieur aux valeurs limites réglementaires.

Ces plans permettent en outre d’engager une grande concertation afin de rassembler les données nécessaires pour poser un diagnostic partagé sur la qualité de l’air de notre territoire, de proposer des solutions coordonnées, préventives ou correctives, d’urgence ou permanentes afin de réduire les pollutions et surtout l’exposition des populations. Enfin, d’évaluer chaque année les impacts des mesures prises et d’apporter des modifications si besoin.

Les mesures concernent les principaux secteurs émetteurs de polluants atmosphériques comme les transports, l’industrie, l’agriculture et le résidentiel-tertiaire. Elles se prennent en concertation avec un grand nombre d’acteurs (publics et privés) et une partie d’entre elles est portée par les collectivités territoriales, comme celles liées au transport (par ex. réduction de la vitesse, promotion des modes de déplacements alternatifs …)

C’est pourquoi, sur proposition des élus écologistes, le Conseil d’agglomération d’Amiens Métropole demande au préfet la mise en œuvre d’un Plan de Protection de l’Atmosphère sur notre territoire pour préserver la qualité de l’air et la santé de ses habitants.

Vœu rejeté aux motifs qu’il revêt un caractère trop politique (sic), que c’est un dispositif trop lourd (sic) et qu’Amiens n’est pas encore assez polluée. Ça ne s’invente pas!

Un anti-vélo à la tête d’Amiens

Tribune des élu-e-s Écolos à la ville d’Amiens parue le 14 décembre 2016 :

tomasqueSelon l’étude de l’ADUGA (Agence de Développement dU Grand Amiénois) de 2010, un Amiénois sur 3 fait du Vélo et 60% des habitants considèrent que « Le Vélo, c’est l’Avenir ». On est loin des « 2 % d’emmerdeurs » tels que les qualifie le vrai patron d’Amiens, Alain Gest. Le Président d’Amiens métropole et adjoint à la voirie d’Amiens, a décidé, seul, de supprimer les deux bandes cyclables de la rue de la République sans aucune concertation ni avec les riverains, ni avec les autres élus de sa majorité bien silencieuse, ni avec les usagers de la voirie.

Son argument pour transformer en autoroute urbaine cette rue, passante aussi pour les piétons et les cyclistes, sont sans fondement car il augmente les risques d’accidentologie pour les différents usagers. Bientôt la suppression des trottoirs et des passages piétons pour favoriser encore plus l’automobile en période de pollution de l’air ? Ce secteur semble n’être que sa priorité puisqu’il avait fait supprimer une station de bus gênante pour lui rue des Jacobins.

Un affront de plus aux amiénois car ce n’est pas le premier de cet auto-soliste : un Schéma Directeur des Aménagements Cyclables au rabais, le non aménagement de la rue Saint-Fuscien et de bien d’autres voies de circulation pour plusieurs dizaines de millions d’euros, la suppression de la DSP Buscyclette (vélos verts) et de la plupart de ses missions de service public, un refus de notre vœu en faveur d’une incitation au vélo pour les agents (IKV, voir rubrique Vœux & questions orales).

Pendant ce temps, Amiens connaît un pic de pollution inégalé et nous nous auto-polluons, sans réaction de Mme La Maire qui depuis longtemps ne décide de rien, pas même de la santé de ses concitoyens.

Nous nous battrons pour que chacun puisse se déplacer librement, en toute sécurité à Amiens et sans s’asphyxier. Partager la ville ce n’est pas se l’approprier comme le fait M. Gest qui a décidé de nous mettre en insécurité et de chasser ceux qui ne se déplace pas comme lui.

Vœu en faveur d’une IKV : Indemnité Kilométrique Vélo

Faisant suite aux reculs de la majorité municipale actuelle en matière d’aménagements cyclables (voir rubrique Communiqués), nous avons présenté un vœu lors du Conseil municipal du 8 décembre 2016 :

2013_06_06_10_53_velo_vs_voiture_keep_the_invironment_clean_anti_carsL’indemnité kilométrique vélo (IKV) a été créée par la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte publiée le 17 août 2015 sur proposition du Club des villes et territoires cyclables dont notre collectivité est adhérente depuis le 28 janvier 2016.

Cette indemnité facultative qui vise à inciter les salariés à se rendre au travail à vélo est fixée à 25 centimes d’euros du km et jusqu’à 200 € par personne et par an.

Les différentes expérimentations mises en place par l’ADEME depuis 2014 ont révélé une hausse de 50% de la part modale du vélo pour les déplacements domicile-travail dans les entreprises participantes et un nombre de cyclistes multiplié par deux. Enfin, l’IKV bénéficie d’une perception très positive de la part des salariés, y compris des non-cyclistes.

Et depuis le Conseil des ministres du 2 novembre dernier, la ministre de l’Environnement propose une concertation avec les collectivités locales intéressées par la mise en place de cette indemnité.

Aussi, considérant cette opportunité et compte tenu de l’expérimentation amiénoise pour inciter les agents à « bougez autrement » par la pratique du vélo au quotidien, bénéfique pour la santé et génératrice d’emplois, sur proposition des élu-e-s écologistes, la Ville d’Amiens se déclare intéressée et volontaire pour mettre en place une indemnité kilométrique vélo pour ses agents dans leurs déplacements domicile-travail.

Vœu rejeté aux motifs que cette indemnité n’est pas réclamée par le personnel et que l’expérimentation est toujours en cours.