Madame la Maire, ne rajoutez pas de SDF dans nos rues !

Notre tribune du mois de janvier 2017 revient sur les occupants précaires de la maison Cozette, place Vogel à Amiens dont certains risquent de se retrouver à la rue et qui organisent, à travers un collectif, de petits évènements culturels (pour lire leur communiqué, cliquez ici). Nous avons réagi auprès du Maire et de l’adjoint au logement, ainsi qu’au Conseil municipal et dans la presse (sujet France 3, Courrier Picard et France Bleu) qui continue de suivre le sujet.

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la maison Cozette, le 27 janvier 2017

Suite à l’injonction du tribunal ordonnant l’expulsion des occupants de la maison Cozette, nous sommes intervenus pour exprimer notre désapprobation concernant la volonté de l’équipe municipale de mettre à la rue des personnes sans ressource ni logement dans une période de Grand Froid.

Certes, les occupants sont entrés sans droit ni titre dans ce bâtiment municipal, mais nous pourrions attendre l’arrivée des températures plus clémentes pour mettre à l’abri temporairement les plus démunis d’entre eux et trouver dans le même temps les solutions de relogement adéquates.

Au-delà de cette histoire, c’est une illustration alarmante parmi d’autres du niveau de pauvreté et de précarité qui grignote peu à peu notre ville et plus particulièrement une partie de notre jeunesse qui échappe totalement aux dispositifs d’aides existants (RSA, bourse…) parce que non scolarisé, ou ayant moins de 25 ans.

La Mairie, fière de citer l’Abbé Pierre et de célébrer Saint-Martin ne peut-elle partager un peu de notre patrimoine commun le temps d’un hiver ?

Pour mémoire la maison Cozette doit son nom à Louis-Jacques Alexandre Cozette né à Amiens en 1766, décédé en 1842 et qui fit don à la ville d’une importante somme d’argent pour contribuer à l’extinction  de la mendicité. Mr. Cozette voulait aussi que l’on construise une maison de secours portant son nom afin d’encourager ses concitoyens à imiter son exemple, pour le bien de l’humanité. En hommage au généreux donateur, nous aurions préféré que la maison Cozette reste propriété de la ville et conserve un caractère social pour des personnes dans le besoin, ou/et au profit des associations locales qui manquent cruellement de locaux.

Aujourd’hui, la mairie souhaite vendre l’immeuble à un promoteur privé de Lille pour y construire des logements étudiants de standing alors que près de la moitié de nos étudiants sont boursiers. Comprenne qui pourra !

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Pollution atmosphérique : le retour des autruches !?

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Capture d’écran – Atmo Hauts de France – 23 janvier 2017

Suite aux récentes alertes de pollution persistante observées sur Amiens et ailleurs, nous déplorons actuellement la légèreté et le manque de volonté de l’équipe Fouré/Gest qui ne semble toujours pas vouloir prendre conscience du phénomène. Heureusement, le vent est venu balayer le problème… jusqu’au prochain épisode.

La presse locale et nationale est largement revenue sur cette épisode exceptionnel comme France Bleu Picardie (ici et la) ou France 3 Picardie.

Vous pouvez retrouver des conseils utiles, recommandations ou encore informations pour vous tenir au courant et vous protéger ici, la ou la ou encore ici, lala, icila

D’autres villes comme Dunkerque, Lille ou Arras ont pris au sérieux cette pollution en prenant certaines mesures (gratuité des transports, ticket pollution, limitation des temps de récréation dans les écoles, limitation de vitesse et de zones de circulation…), pas nous.

Nous interpellons déjà depuis plusieurs mois nos responsables locaux (voir notre rubrique Vœux & questions orales sur l’IKV, le PPA) . Nous publions ci-dessous notre dernier communiqué de presse et proposerons un nouveau vœu lors du Conseil d’Amiens Métropole le 2 février prochain :

Amiens, le 24 janvier 2017 : A L’ACTION contre la pollution et pour la Santé : la gratuité des transports publics et des mobilités alternatives.

« Après une nouvelle alerte ce week-end à la pollution de l’air ayant entrainé des mesures de réduction de la vitesse de circulation en Hauts-de-France, nous apprenons avec inquiétudes que les indices de la qualité de l’air atteignent désormais le seuil le plus mauvais dans notre territoire (niveaux 9 et 10).
En effet, Atmo Hauts-de-France prévoit un épisode de pollution critique de l’air les lundi 23 et mardi 24 janvier 2017 avec notamment un niveau d’alerte rouge pour les particules fines en suspension dites PM10 (trop petites pour être filtrées par le corps humains et qui pénètrent en profondeur dans nos poumons).
Avec ces épisodes de pics de pollution à répétition, nous avons déjà plusieurs fois alerté et demandé l’engagement des responsables de la Mairie d’Amiens et d’Amiens Métropole afin de mettre en place des mesures de prévention et d’actions pour affronter ces nouveaux risques dans les meilleures conditions possibles.
Mais toutes nos propositions pour des actions concrètes et des informations publiques plus dynamiques ont été refusées. Aujourd’hui encore, force est de constater que les responsables actuels de notre Ville et de notre Agglomération sont dans le déni de réalité et se contentent d’observer avec fatalité les dégâts de cette menace invisible mais pourtant bien réelle.
C’est pourquoi, nous proposons d’urgence la mise en place d’une gratuité exceptionnelle dans tous les transports publics (comme l’a fait la Communauté Urbaine d’Arras) ainsi qu’un relais d’information auprès des habitants pour renforcer le dispositif préfectoral déjà engagé.
Nous venons d’interpeller les élu-e-s de la majorité pour leur demander ce qu’ils comptent faire et nous déposerons au prochain Conseil d’Amiens Métropole un vœu pour généraliser cette mesure lors des épisodes de pollution critique ou persistant. »

Non à la nouvelle gestion des salles municipales

Retour sur la délibération concernant la nouvelle gestion des salles municipales d’Amiens :

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En séance du 3 novembre 2016, par la voix de l’adjointe à la démocratie locale, le Conseil municipal d’Amiens a décidé de modifier le règlement intérieur (ici) et d’introduire des tarifs (ici et la) sur l’accès des salles municipales aux associations de notre territoire (la délibération votée ici). Nous avons voté contre.

Jusqu’alors, la souplesse et les facilités d’accès en termes de tarifs donnaient à notre ville une dynamique et une bonne attractivité associative, atouts qui risquent fort d’être remis en question avec ces nouvelles modifications. En effet, pour nous, par cette nouvelle délibération, la majorité actuelle prévoit d’introduire une sélection par l’argent en taxant les syndicats ou les organisations politiques, de faire payer de plus en plus l’accès aux salles dites festives pour les particuliers (plus de 40% par an pour certaines salles) mais aussi de se réserver le droit d’accorder ou non son autorisation pour obtenir une salle selon que l’objet social de l’association demandeuse lui convient ou pas.

Ces nouvelles dispositions qui introduisent une discrimination entre les usagers ne sont pas acceptables. Une pétition circule, pour la signer c’est ici.

La presse locale a couvert le sujet comme France 3 Picardie le 17 janvier dernier (ici).

Nous nous sommes aussi associés aux élus Communistes et Socialistes, sous la forme d’un vœu présenté au Conseil municipal du 26 janvier (ici), pour demander le gel de cette délibération et supprimer les mesures contraignantes et discriminantes qu’elle introduit dans le milieu associatif local.

Finalement, madame le Maire annoncera en séance le gel temporaire de cette délibération pour la remettre à plat et réétudier le dossier. Cependant, elle a appelé sa majorité à rejeter notre vœu commun ! Nous restons donc vigilant (comme il est précisé ici) et attendons avec impatience de la rencontrer le lundi 23 février prochain.

A suivre …

NON à l’expulsion d’habitants en période de grand froid

Nous avons réagi dans deux communiqués de presse suite à la décision de justice du 9 janvier 2017 qui ordonne l’évacuation des occupants de la Maison Cozette. Depuis quelques mois, un collectif de jeunes étudiants, chômeurs et précaires occupent ce bâtiment historique laissé à l’abandon et y organisent des évènements culturels alternatifs. C’est la Mairie qui a engagé la procédure d’expulsion pour occupation illégale et prévoit de vendre le bâtiment pour la réalisation d’un projet immobilier privé de logements étudiants. Or, certains occupants logent sur place et n’ont pas encore trouvé de solution d’hébergement.

Nous allons demandé en séance du Conseil municipal du 26 janvier 2017, l’annulation de la délibération (qui prévoit la vente de cet immeuble) dans l’attente de trouver une solution de repli pour ceux qui en ont besoin. Le Courrier Picard leur a consacré plusieurs articles.

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photo : Florence Merlen – Courrier Picard

Communiqué n°1 Amiens, le 19 janvier 2017

« Nous apprenons ce jour que les occupants précaires de la Maison Cozette située place Vogel d’Amiens, viennent de recevoir leur injonction d’expulsion suite à la décision du tribunal de justice d’Amiens.

Cette nouvelle intervient alors même que les autorités nous rabâchent les oreilles à propos de la prévention sur les dangers du grand froid et les précautions à prendre pour se protéger. Car si certains occupants peuvent trouver des solutions de repli confortable, ce n’est pas le cas de tous. En effet, certains d’entre eux connaissent des situations de grandes précarités et vont se retrouver jetés à la rue, dans l’incapacité de trouver à se reloger malgré leurs démarches.

Nous déclarons être scandalisés par cette décision cynique qui n’honore ni la justice ‘aveugle’ de la République, ni les responsables politiques de la Ville d’Amiens et qui se gargarisent d’avoir créé les trophées Saint-Martin du nom de ce militaire ayant partagé avec un pauvre son manteau un soir de l’hiver 334 – symbole mis en avant comme une référence invoquée dans les propos de Brigitte Fouré au mois de novembre dernier.

Alors Madame Le Maire fera-t-elle preuve d’autant de charité pour se hisser à la hauteur de cet acte légendaire ou se contentera-t-elle encore d’un simple coup de communication? »

Suite à l’annulation d’un rendez-vous que nous avions demandé avec Madame Le maire, nous avons publié un second communiqué de presse, ci-dessous :

Communiqué n°2Amiens, le 20 janvier 2017

« Mme La Maire annule le Rdv, des jeunes bientôt à la rue !

Nous venons d’apprendre que notre rendez-vous prévu ce jour avec Madame la Maire d’Amiens, Brigitte Fouré, est annulé pour des raisons obscures. Nous voulions évoquer avec elle le problème de logement des personnes qui habitent la Maison Cozette et qui ont reçu hier un commandement de quitter les lieux au 30 janvier, en pleine période de Grand froid.

Nous avons été saisis du problème de logement de certains habitants de la Maison Cozette lors d’une réunion du Comité de quartier St Leu. Certains sont allocataires du RSA ou étudiants boursiers. Donc avec de faibles ressources. Pour l’un d’entre eux, nous avons écrit pour relancer la demande de logement auprès des bailleurs et de la mairie. Toutes leurs réponses à nos courriers ont été négatives à ce jour.

Rappelons, comme il est précisé dans le communiqué du collectif La Brèche, ci-joint, que la Maison Cozette située place Vogel avait été léguée à la Ville d’Amiens par Mr. Cozette afin de contribuer à « l’extinction de la mendicité ». Un comble !

Quand on sait qu’aujourd’hui le bâtiment va être vendu par la Ville à un promoteur privé pour y faire des logements de standing pour étudiants et cadres ! Alors que la majorité des étudiants sont boursiers et qu’ils n’auront pas les moyens de s’y loger.

Une délibération devrait d’ailleurs passer au prochain Conseil municipal pour acter la vente de ce bâtiment et de son îlot, et qui spécifie, entre autre, que l’immeuble doit être libéré de ces occupants.

Nous sommes aujourd’hui très inquiets du devenir des habitants de la Maison Cozette qui faute de réponse de la mairie vont se retrouver à la rue d’ici une semaine et qui n’auront d’autre solution que d’appeler le 115 tous les jours – par ailleurs surchargé – et de passer leurs journées dehors en cette période de grand froid hivernal !

Le collectif la Brèche permettait de rendre effective la solidarité envers les personnes dans le besoin. Nous attendions de la mairie plus d’indulgence. Cependant, aujourd’hui nous ne perdons pas espoir et demandons encore à être reçu par Mme la Maire pour trouver ensemble des solutions aux problèmes de logement. »

Pas de protection de l’atmosphère ni de la santé pour Amiens

Nous réagissons suite au rejet de notre vœu (voir rubrique Vœux & questions orales) en faveur d’un Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) pour notre territoire lors du dernier Conseil d’Amiens Métropole du 15 décembre 2016.

plan-de-protection-de-l-atmosphere_zoom_colorboxRégulièrement, des pics inquiétants de pollution de l’air sont constatés dans les grandes villes et notre territoire n’échappe plus à ce phénomène. Certains ont pris le problème au sérieux et se sont mis au travail, pas nous.

En dehors de ces pics, c’est aussi la pollution de fond qui affecte insidieusement, jour après jour, la santé des habitants et notamment les plus fragiles. Il appartient donc aux autorités de sensibiliser la population et de se mobiliser. Nous avons ainsi proposé au dernier Conseil d’Amiens Métropole d’adopter un vœu en faveur d’un Plan de Protection de l’Atmosphère volontariste visant à solliciter les services de l’État pour organiser une grande concertation, anticiper les pics de pollution à venir et arrêter des mesures préventives, correctives, d’urgence ou permanentes.

Mais cette majorité qui ne veut toujours pas voir la réalité en face, estime cette proposition irrecevable car trop ‘politique’. Pourtant il s’agit bien d’un choix politique important compte tenu des problèmes posés par cette question de la pollution sur la santé de tous !

Autre raison invoquée : les seuils réglementaires n’ont pas été assez dépassés sur Amiens en un an et puisque les services de la préfecture n’ont pas pris les devants, il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter à notre tour. Donc jusqu’ici tout va bien, ça pique à la gorge mais on arrive encore à respirer.

Enfin, l’argument ultime: c’est un dispositif ‘lourd’! Ah oui !? C’est vrai, c’est peut-être un peu lourd car ça demande du travail. Mais c’est aussi ça être élu. Il faut travailler. Les problèmes à régler sont souvent complexes, longs et lourds. Cela exige de l’investissement, pas toujours récompensé car il ne s’agit pas de distribuer des sacs ici, de recevoir des distinctions là, de faire une campagne de publicité ailleurs ou de supprimer quelques bandes cyclables là-bas. Il faut anticiper les problèmes car respirer n’est déjà plus sans danger.

Alors réclamons de l’air pour Amiens !