Bus : ça devient cher d’être pauvre à Amiens

Notre dernière tribune d’Amiens métropole revient sur le nouveau contrat de Délégation de Service Public (DSP) pour les transports en commun, novembre 2017 :

Après les fêtes, le ticket de bus du réseau Ametis va encore augmenter en passant à 1,40€. Au 1er juillet 2019, il vous faudra payer 1,50€ (+25% depuis le début du mandat), voire 1,70€ en comptant les suppléments. C’est pourtant le mode de paiement le plus utilisé par ceux qui comptent chaque centime pour finir le mois. Les abonnements augmenteront aussi et ce sera la fin des mesures de gratuité remplacées par une obscure offre dite « solidaire ». Qui seront les perdants?

Des hausses pour les plus fragiles alors que le service est fortement dégradé depuis plusieurs mois avec beaucoup moins de bus et une information défaillante. Du coup, les bus restant sont bondés et il faut attendre le suivant ou le suivant encore. En conséquence, des retards au travail ou à l’école. Quand les bus ne tombent pas en panne faute d’un contrôle de la maintenance. Alors beaucoup se découragent et la baisse de fréquentation (-20%) est même actée dans le nouveau contrat de Délégation de Service Public de Transports urbains. L’affichage avec de nouveaux bus ne masquera pas la baisse du réseau de proximité. Le délégataire restera le même, Kéolis, le seul candidat il est vrai. Il intégrera le service Buscyclette (les vélos verts) sans ambition réelle comme un accessoire  démontable à terme.

Pourtant, une étude confirme que les commerces du centre souffrent déjà des travaux. Avant leur achèvement, nous avons proposé de tester la gratuité des bus durant les week-ends pour une contribution de 0,1 % ! Mais cela a été refusé, c’est apparemment trop pour cette mesure commerciale en direction des usagers délaissés et de bon sens pour sauvegarder les commerces.

Contrairement aux plus aisés, les ménages précaires paient systématiquement plus cher que les autres. Les élus d’Amiens Métropole ont fait leur choix : celui de faire payer plus cher ceux qui ont le moins et qui n’ont pas d’autres choix.

TicketBusAmiens

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Il est où l’intérêt général, il est où ?

Notre dernière tribune municipale, novembre 2017 :

mairieQuand on est élu dans une commune, on est censé rechercher l’intérêt général, l’intérêt commun pour les citoyens et au-delà, l’intérêt de la ville.

Mais c’est quoi l’intérêt général pour Amiens?

La majorité municipale qui est depuis plus de 3 ans aux commandes de cette ville ne le sait toujours pas et ne prévoit rien pour le définir, avec une gestion au jour le jour, en fonction des intérêts particuliers du moment.

Il est où l’intérêt général d’Amiens quand on nous présente au dernier conseil municipal un rapport (obligatoire) sur le développement durable sans objectifs ni résultats?

Pour ces élus, c’est au mieux un gadget, au pire uniquement une « idéologie ».

Il est où l’intérêt général quand on ne veut pas s’engager dans un Programme alimentaire territorial car il faudrait « concerter » et que c’est compliqué?

Il est où quand sur le stationnement payant, on refuse avec dédain de répondre à nos demandes d’un plan global intégrant les mobilités et l’intérêt de tous les quartiers?

Il est où quand sur le Débat d’orientation budgétaire, on renvoie la responsabilité de la baisse du service public sur le gouvernement alors que depuis 3 ans, on applique ce programme en stigmatisant le personnel et en supprimant des emplois.

Quand en votant 3 vœux (contrats aidés, logement social et APL et suppression de la Cour d’Appel d’Amiens), on reproche à l’État sa casse des services publics mais, qu’en même temps, nous ne sommes pas exemplaires?

Il est où quand on refuse d’agir pour l’installation d’un médecin dans le quartier Saint-Leu alors que la santé publique est en jeu et qu’on laisse fermer la Poste de ce même quartier?

Il est où l’intérêt humain quand on laisse dormir des jeunes dans les rues de notre cité mais qu’on candidate pour la Capitale européenne de la Jeunesse?

On continue jusqu’où comme ça?

Travaux : pourquoi bloquer la ville ?

Notre dernière tribune communautaire. Septembre 2017 :

ArretNonDesserviLes travaux anarchiques aux 4 coins de la ville empêchent toute mobilité, tous modes confondus, créent des conflits d’usages et une insécurité grandissante : des embouteillages pour les voitures faute d’un plan de circulation, des piétons oubliés, des cyclistes insultés et des usagers du bus abandonnés dans des vieux engins à la maintenance douteuse, aux fréquences, horaires et confort aléatoires. Beaucoup abandonnent, ceux qui peuvent, et n’y reviendrons pas, gonflant un peu plus les embouteillages. Et ce n’est qu’un début. Le gros des travaux reste à venir sur les boulevards et les principaux carrefours.

Pour les commerçants du centre-ville, c’est la douche froide et la seule réaction politique est de remercier l’adjoint.

La raison ? Un projet d’amélioration du réseau de bus dit BHNS pour « Haut Niveau de Service », à réaliser avant 2020, prochaines élections municipales. Il verra le prix du transport exploser pour un faible gain de temps de parcours. Mais chut, tout va bien à Amiens puisque c’est écrit dans le JDA.

Ah si, dans cette ville bloquée, une chose avance en catimini, c’est le stationnement payant dans les quartiers populaires comme par exemple à Saint-Pierre et Saint-Maurice. Et au sud de la Ville me direz-vous ? Ils veulent augmenter les places et pas de nouvelles du stationnement payant. On devait nous présenter un Plan global au dernier Conseil mais rien. Car le pire reste à venir au 1er janvier 2018 : le nombre de PV va augmenter en nombre et en tarif, de façon automatique par exemple en scannant les plaques d’immatriculation des véhicules.

Le message est clair. Faute d’alternatives « Venez en ville en voiture, on pourra vous taxer ». Étouffer la ville et ses habitants pour tenter d’améliorer la situation avant les élections, voici le seul projet de cette majorité qui pense à 2020 avant le quotidien des amiénois. Ne l’oublions pas d’ici là !

Pour des rythmes scolaires adaptés à l’enfant

Notre dernière tribune municipale :

cervoEnfantUne fois n’est pas coutume, malgré la solide crédibilité scientifique des études portant sur la chronobiologie de l’enfant à l’école, on trouvera toujours des individus partisans du moindre effort, nostalgiques de l’ancien monde ou adeptes de faits alternatifs pour détourner la question ou regarder ailleurs. A l’instar du changement climatique, ils clament qu’on n’y peut rien pour surtout ne rien changer.

En matière de rythmes scolaires, certains adultes confondent encore la forme et le fond considérant soit que seuls les programmes comptent, qu’il suffit de demander son avis à l’enfant ou d’écouter les revendications de quelques parents excédés par les perturbations causées à leur propre emploi du temps. Pourtant, ces signes ne montrent-ils pas la pertinence de cette réforme ?

N’est-ce pas à la société de s’adapter pour donner à ses enfants toutes les chances de réussir ? Réussir en aérant la journée avec des activités périscolaires gratuites pour ceux qui en ont le moins, réussir en instaurant une régularité dans le lever et le coucher des enfants, en concentrant les efforts le matin où l’enfant apprend et retiens mieux, en réduisant l’après-midi avec des temps de partage et de vivre ensemble comme la culture, le sport, le loisir. Autant de mesures que la semaine de 4 jours et des journées plus longues rendent inefficaces.

Il est certain que le quotidien de certains adultes en sera bousculé tandis que d’autres en seront indifférents. Qu’à cela ne tienne ! Si le nombre de jours hebdomadaire pour eux ne comptent pas, laissez donc madame le Maire, la semaine de 4 jours et demi et investissez pour soutenir les équipes éducatives de nos écoles.

Rappelons qu’à Amiens, la moitié d’entre elles sont en réseau d’éducation prioritaire. Il est donc indispensable de mettre les moyens sur l’éducation. Nos enfants en ont besoin. Nous en avons besoin. Toute notre société en a besoin.

Amiens : 3 ans pour rien (ou presque)

Le duo Gest-Fouré a choisi la rentrée 2017 pour étaler au fil de ces derniers jours dans le Courrier Picard (et parfois sans débat contradictoire) leur bilan de mi-mandat. L’occasion pour nous d’essayer d’exprimer notre avis (en 1900 caractères seulement) dans le prochain JDA, comme l’impose la loi. Voici donc notre tribune comme vous la lirez :

bilanDessinPresse

Dessin Fabrice Erre ©

Il est venu le temps du bilan de la droite qui dirige cette ville depuis 3 ans. Un bilan décalé dans le temps de peur d’influencer négativement les élections législatives : raté, c’est encore une fois perdu !

Quels sont les engagements de ces élus pour notre ville?

Sans programme, ils n’en cherchent même plus, trop occupés par les prochaines élections, le cumul des mandats et les luttes intestines entre élus et Cabinets.

Mais quand Amiens perd son statut de capitale régionale et des emplois, on ne se bat pas pour garder de la vigueur face aux autres agglomérations, on communique pour masquer l’inaction. Car quelles actions nouvelles ont-ils menées? On cherche encore. De la continuité dans certains projets, que vous retrouverez certainement dans ce numéro que nous allons découvrir en même temps que vous.

Notre ville est-elle plus belle, plus propre, plus écologique, plus dynamique, plus solidaire, plus agréable à vivre, plus accessible, plus démocratique? Nous ne le constatons pas. Ce que nous voyons, c’est une ville sclérosée, une ville qui étouffe privatisée par certains. Une ville qui ne privilégie que la voiture, l’extension des zones commerciales et le logement cher. Une ville où la jeunesse n’est pas une priorité alors qu’elle est pourtant son atout, où l’action des associations n’est pas accompagnée notamment dans les quartiers. Une ville qui s’endort où la culture régresse, où les festivals et les lieux de petits concerts indépendants disparaissent, au profit du « vu à la télé » et des grandes opérations de communication couteuses.

Dans ce contexte, le rôle de la minorité municipale est à la résistance face à l’attentisme – ou l’absentéisme – de cette municipalité et au rôle croissant du Président d’agglomération au détriment de la ville et ses habitants. Nous sommes donc à votre disposition pour défendre ce qui peut l’être avec nos petits moyens.

Un Plan-Plan Climat

Voici notre tribune pour la métropole du mois de juillet 2017 consacrée, entre autre, au bilan écologique de l’équipe Gest-Fouré en place depuis 2014 :

climaticsLa communication à l’épreuve des actes. Ainsi peut-on résumer l’étude du compte administratif de 2016 lors du dernier Conseil d’Amiens métropole qui permet de mesurer la distance entre les discours politiques et les faits concrets.

Sur 500 000€ programmés pour le développement durable, la majorité actuelle en a réalisé 6000, soit 1,2%. Autres exemples : la trame verte et bleue, taux de réalisation de 16%; le développement du vélo, 30%, un record pour ceux qui considèrent la voiture comme la première des libertés; pour les bornes rechargeables de véhicules électriques, 0% …

Sur la protection de l’air, cette majorité se contente seulement de la mesurer, considérant que respirer des particules fines et de l’ozone n’a jamais tué personne, juste 6500 morts/an dans la Région! Nous n’avons pourtant plus que 3 ans pour inverser nos émissions nocives mais à Amiens, on commencera seulement les premières actions.

Nous avons aussi dû voter pour un schéma métropolitain universitaire jusqu’en 2020, catalogue de l’existant qui ne contient aucune proposition nouvelle pour nos étudiants universitaires.

Ainsi que sur un rapport de délégation de notre transport urbain sur l’année 2015, qui balaye, en refusant un audit indépendant, les derniers incidents sur l’entretien de certains bus Ametis par Kéolis. Ce dernier qui s’occupera demain des locations de vélos amiénois, supprimant au passage le plus vieux et le plus efficace service de France grâce à l’association Véloservice.

Enfin, cerise sur le gâteau, cette majorité a adopté, non sans serrer les dents, notre vœu pour demander à l’État le transfert d’une part de la Contribution Climat Énergie au profit de notre territoire, soit 10€ par habitant, une gageure. Et même si cette majorité méprise une telle victoire, reconnaissons qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire mais que seuls les actes comptent.

Bel été !

LOGEMENT, STATIONNEMENT : Laissons faire, on verra bien !

Le 3 juillet 2017. Voici notre dernière tribune consacrée à la politique du logement et du stationnement de l’équipe municipale Fouré-Gest :

 

découpePour la 2ème fois, la municipalité de Mme Fouré refuse notre demande d’envisager des solutions concernant la division des maisons amiénoises transformées le plus souvent en chambres étudiantes. Cette activité lucrative est actuellement sans contrôle. Il est pourtant possible désormais pour une ville d’instaurer un « permis à louer » ou du moins une « autorisation préalable » afin de faire respecter la réglementation sur la dignité des logements et commencer à lutter contre les marchands de sommeil qui profitent des inégalités croissantes dans notre ville. Sans gestion publique de cette pratique, les problèmes de propreté, de stationnement et de voisinage iront croissants.

A l’inverse, la dernière modification du Plan local d’urbanisme (PLU) ne sert qu’à favoriser la promotion privée, à construire des logements aux loyers prohibitifs : 1300 logements à Saint-Fuscien, tant que ça rapporte. Loin d’un développement harmonieux et cohérent, on brade Amiens à quelques-uns, les autres pourront partir pour habiter plus loin et en payer le prix, celui des transports et du stationnement.

Comme la Mairie crée des problèmes de stationnement, elle veut vous faire payer. Pas pour tous, c’est à l’inverse de vos moyens. Les parkings souterrains voient leur tarif exploser et leur utilisation diminuer. Mais pour Amiens Sud, on créera un nouveau parking. Après le quartier Saint-Leu, on prépare le stationnement payant dit résidentiel à Saint-Pierre malgré les oppositions auxquelles on répond par le silence. Ce n’est qu’un début car au 1er janvier, la Mairie pourra fixer librement les amendes et en confier la récupération à des sociétés privées. Il serait bien que nos concitoyens prennent plus souvent le bus car il est en perte de vitesse.

Enfin pendant ce temps, Mme la Maire refuse de supprimer les places gratuites de la Mairie pour les élus et quelques favorisés de la ville. A l’image d’une ville à deux vitesses, réservée à certains.

EOLIEN : NOT IN MY AMIENS METROPOLE

Notre tribune métropolitaine pour le mois de mai 2017 :

Nimby

© dessin de presse Joe Heller, 2011

 

Pour fêter la semaine du développement durable, la majorité a voté un vœu anti-éolien (ici) au dernier conseil d’agglomération. Nous avons voté contre.

Pour la première fois nous abordions ce sujet, mais de la pire manière, par le rejet pur et simple, sans aborder l’intérêt de cette énergie renouvelable et uniquement avec de faux arguments à charge, des fake-news indécentes à base d’oiseaux migrateurs et de morts pour la patrie.

Ce petit parc de 6 éoliennes, porté par une entreprise dont le siège social est à Amiens, pourrait être le 1er de notre territoire et fournir 10% de la consommation hors chauffage des amiénois. Nous pourrions faire d’Amiens la capitale économique française de l’énergie éolienne au cœur du 1er département en nombre d’installation. Dans la Somme, c’est près de 500 emplois (à comparer à une fermeture d’usine), des reconversions industrielles et un centre de formation à la Cité Scolaire, le Windlab.

Amiens décide donc de tourner le dos à un de ses atouts principaux. Nous touchons pourtant des subventions de l’État et annonçons un Cluster sur « l’autonomie énergétique ». Oublions tout cela, c’est du vent. Nous ne sommes même plus la capitale de la Somme, juste celle du vide.

Ce vœu anti-éolien de l’agglomération a été proposé par le Maire de Thézy-Glimont concerné par ce projet et Vice-Président au Développement Durable mais qui ne l’a même pas défendu. Courage, fuyons ! Peut-être est-il candidat pour accueillir une nouvelle centrale nucléaire de type EPR comme le souhaite le Président de la Région ?

Le nucléaire n’est même plus compétitif et la transition énergétique est déjà une réalité mondiale. Le développement des énergies renouvelables mérite pourtant un vrai débat et doit être accompagné au niveau local pour en tirer les bénéfices.

En retard sur le Plan Climat, Amiens métropole envoie le message « pas chez nous ». Attendons, on nous dira bientôt qu’il n’y pas de vent à Amiens !

Amiens doit faire enfin le choix de l’éducation pour TOUS

Notre tribune municipale pour le mois de mai 2017 :

enfantEcoleLe nouveau Président de la République a annoncé dans son programme la possibilité pour les communes de revenir sur la réforme des rythmes scolaires. Lors du dernier conseil municipal, Mme le Maire que nous avons interrogé a laissé entendre que des parents l’avaient sollicité pour revenir à une semaine de 4 jours dans les écoles, ce qui serait catastrophique pour les enfants les plus défavorisés d’Amiens !

En effet, la réforme du temps scolaire a d’abord été pensée pour eux, pas pour les enfants qui peuvent bénéficier d’émulation intellectuelle en dehors du temps scolaire, pas pour les enfants qui bénéficient déjà d’un encadrement éducatif privilégié !

Non, Mme le Maire, il ne faut pas revenir à la semaine de 4 jours. Depuis plus de 30 ans, de nombreuses études scientifiques de chronobiologistes démontrent que 4 jours d’école altèrent le rythme biologique des enfants. L’alternance deux jours de classe, un jour de repos, deux jours de classe peut être nuisible au comportement et donc aux apprentissages de l’enfant lorsqu’il n’y a pas de continuité dans le rythme du sommeil. Or, beaucoup d’enfants ne bénéficient pas de cette régularité.

Les études montrent aussi qu’il est préférable d’alléger les journées de classe, de programmer les enseignements le matin ou à des moments où la faculté de concentration des élèves est la plus grande, et surtout, qu’il importe de penser l’école en complémentarité avec les activités périscolaires afin de favoriser la réussite éducative.

Ainsi, plutôt que de revenir à une semaine de 4 jours d’école, Mme le Maire, faites le choix d’une politique ambitieuse pour la jeunesse de notre ville, de rendre gratuites les activités périscolaires et d’améliorer le projet éducatif global pour que TOUS les enfants de notre territoire puissent en bénéficier.

Absentéisme : la mode du fonctionnaire baching

Ci-dessous, notre tribune métropolitaine du mois d’avril 2017 :

GreveAbsent2017

Rassemblement devant l’Hôtel de Ville lors de l’appel intersyndical du 7 avril 2017

La Mairie souhaite aborder le problème de l’absentéisme au travail au sein de la collectivité.

Comme d’habitude, l’exécutif cumulard de notre ville et métropole ne semble pas pouvoir discuter trop longtemps du sujet en proposant de le régler à coup de bazooka : la sanction financière sur le salaire des agents.

L’ennui avec cette démarche c’est qu’elle est autant injuste que contre-productive.

Rappelons ici que les causes de ce phénomène sont anciennes, profondes et multiples. Et que les réponses doivent l’être tout autant. Le projet d’une solution uniquement comptable proposé par le duo Gest-Fouré ne constitue pas le bon signal pour un règlement efficace de la situation car il risque d’atteindre encore un peu plus les motivations et l’épanouissement déjà en berne des agents publics territoriaux.

Le fonctionnaire baching est à la mode ! Pour mieux tout transférer au privé.

Pourtant, la démarche de QVT (Qualité de Vie au Travail) lancée en 2015-2016 laissait à penser qu’un engagement au long cours était pris abordant la dimension humaine et préventive du problème. Parce que lutter contre l’absentéisme s’inscrit forcément dans la durée et mobilise une diversité d’actions et de leviers : managériaux, incitatifs, valorisants, prévoyants, de contrôle….

Cela nécessite aussi de respecter certaines exigences : une indispensable discussion sur les contours du phénomène fixant des indicateurs de données et de suivis partagés ; la mise en place d’une concertation annuelle avec l’ensemble des acteurs sur les mesures à adopter ;  la prise en compte du contexte local (politique, économique, social) ; le besoin impérieux d’expérimenter et profiter de retours d’expériences sur les bonnes pratiques identifiées ailleurs.

Alors quand les politiques démagogiques et même réactionnaires seront passés, le travail de fond pour l’avenir de nos services publics pourra commencer… ou pas.